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mercredi 1 juillet 2020

ce matin j'ai rencontré

 

ce matin j'ai rencontré
la femme aux genoux pliés 
qui a cassé la canne 
que j'ai volée à Jeanne
 

j'ai connu Jeanne à Odessa
dans le rêve de Laura 
où l'homme aux cheveux mouillés 
savait comment la harceler
 

Laura ne connaît pas Jeanne 
Jeanne ne connaît pas cette femme 
c'est pourtant à Odessa 
qu'elles se sont croisées
 

je ne connais pas Laura 
mais je sais qu'à Odessa
Cooper l'a retrouvée
 

à la maison il l'a ramenée 
chez Sarah Palmer 
sa mère 

la maison a explosé 

mystère
 
 
poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

mardi 14 avril 2020

sur le corps du major





sur le corps du major
Ruth a posé sa tête
en place et lieu de la tête
tranchée du major

Ruth n'a plus de tête
le major n'a plus de tête
c'est pourquoi cette tête
est sur cet autre corps 

Ruth sur l'autre corps
le major sous l'autre tête
s'emmêlent un peu c'est bête
et pourtant sont en accords

Ruth et le major
ont-ils été manipulés
pour être ainsi refaçonnés

refaçonnés dans leur tête
refaçonnés dans leur corps

Ruth sans tête
le major sans corps

c'est bizarre quand même


poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

jeudi 6 février 2020

la petite fille au bout du chemin

















1

la petite fille au bout du chemin
a marché les bras retournés
sur le clavier noir du clavecin

aux sons anciens égrenés
qui l'ont plongée dans le rêve
de son miroir infidèle et brisé

est-ce l'explosion
ou de Cooper l'intrusion
elle se pose la question

elle n'est pas elle ce matin
serait-elle alors
la petite fille au bout du chemin

2

la petite fille au bout du chemin
assise, enroulée, façonnée
par le géant et par le nain

se souvient

de la chambre d'hôtel au jet privé
de Jacques n'a qu'un œil
à l'homme qu'elle a épousé

au viol qui incrusta sa pensée
au travers du miroir
qui va la posséder

audrey reste prostrée
attendant en vain
qu'il vienne la chercher

mais Cooper a choisi Laura
pour le retour à la maison

explosion


poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

mercredi 1 janvier 2020

défile la bobine

















défile la bobine
images en noir et blanc
qui griffonnent l’écran
et caresse l’échine

meut le mouvement
des ombres et lumières
volées aux cimetières
grouillants de vers luisants

j’ai peur je me recroqueville
le vent glace mon sang
vampires et noirs satans
logés dans ma coquille

surgissent dans la nuit
les ombres des tombeaux
affrontant les corbeaux
qui nichent dans les puits

allongé et gisant
je vois dans ma terreur
la statue du commandeur
ériger sa flûte de pan

gronde l’orage vengeur
qui trempe les os craquelés
des morts vifs écorchés
sur les tapis de sueur

assis sous l’écran blanc
je regarde la bobine
s’épuiser dans les abîmes
des ciné-films pantelants

poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

jeudi 26 décembre 2019

triste dans le bois

















triste dans le bois
Julie a froid
sans son manteau noir
perdu dans le noir

la porte rouge
s’ouvre et bouge
fermant le sentier
d’un tas de fumier

un mental camarade
joue au carnaval
et règle la chaudière
soudée dans la pierre

ce soir c’est tranquille
dans le puits puéril
où Julie s’est jetée
nue et violée

poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

mercredi 18 décembre 2019

suis-je moi encore




suis-je moi encore
moi qui cède au regard
du reflet de mon miroir
en dedans et en dehors

ai-je de moi perdu
marchant sur les sentiers
craquelés détournés
de rebuts en rebuts

les têtes pantelantes
les ventres découpés
les cuisses écartées
les soifs indécentes

hantent mes pensées
qui se volatilisent
au gré des brises
narguant ma destiné

je suis né contre mon gré
du ventre d’une femme
dodécaphonique gamme
à qui je n’ai rien demandé

poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

samedi 23 novembre 2019

homme de génie




homme de génie
tu te crois créateur
alors qu’affabulateur
tu n’es que mépris

tu te crois créateur
d’un ouvrage divin
alors qu’en ton sein
tu n’es qu’un imposteur

c’est ta pensée
qui règle ton dessin
et tu n’est pas souverain
de l’objet de tes idées

tu nages dans le déni
tu crois ce qui n’est pas
et tu cadences ton pas
sur celui de l’ennemi

pauvre marionnette
qui subit les ficelles
de ceux qui coupent les ailes
de ce qui te reste de miettes


poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

jeudi 12 septembre 2019

la jeune fille pâle aux yeux tragiques





















la jeune fille pâle aux yeux tragiques
dénoue sa chevelure d'un geste lent
dans le noir de l'encre des pages érotiques

son miroir pénètre son regard
qui fuit l'immonde pénis
sorti du ventre de nulle part

dénudée, exposée au sublime reflet
de son cri gravé dans son image
elle regarde le sang qui s'écoule de sa plaie


poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

vendredi 12 juillet 2019

j'ai vu les gouffres obscurs ...
























j'ai vu les gouffres obscurs
ouvrir leurs gueules aspirantes
rugir dans la fouillure
des ombres terrifiantes

j'ai vu les lumières vacillantes
dans les sous-sols hantés
caresser les chaires béantes
des corps mutilés

j'ai vu ce qu'on peut voir
dans le fond de l'écran blanc
qui ne cesse de mouvoir
l'illusion du temps


poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

jeudi 11 juillet 2019

la petite fille au bout du chemin




















la petite fille au bout du chemin
est-elle dans nos rêves
ou dans le puits au fond du jardin ?

est-elle dans le noir et blanc de l'écran
qui dessine les méandres infinis de l'inconscient
et façonne la superposition des temps ?

est-elle dans le passé où le futur
illusion controversée de la pensée
qui conditionne  l'inévitable  destructure ?

au bout du chemin
la petite fille
ouvre les gouffres sans fin.

poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

mercredi 10 avril 2019

les brumes de l’étang




























les brumes de l’étang
étendent leurs voilures
dans les embouchures
des trompes de Satan

Lucile s’y faufile
s’y glisse en ondulant
dans le tube rougeoyant
qui conduit à l’idylle

en agile sirène
elle monte les ténèbres
jusqu’au croisement célèbre
de la mise à mort dans l’arène

surgit la lumière foudroyante
que traverse le pieu
dans l’incandescence des dieux
qui terrorisent les prières

ainsi est érigé
le comble de l’ignominie
celui qui se dit vie
l’homme statufié

poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

jeudi 14 mars 2019

t'a-t-on dit



























t’a-t-on dit
que tu es un porc
parce que ton corps
est pourvu d’un épi

t’a-t-on dit
que ton épi se dresse
parce que sa détresse
est le moteur de ta vie

t’a-t-on dit
que c’est la liberté
que tu dois trouver
pour vivre la vie

que ton corps enserre
et que tu dois tuer
pour pouvoir libérer
celle qui t’est si chère

poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

vendredi 22 février 2019

l’enfant roi…




Je souillerai ton nom
Salirai ton renom
Je détruirai ton trône
Je meurtrirai ta tête
Que j'y perde ma vie
Vipère mais au moins
Tu ne règneras plus
Sur personne ou quiconque
Étant à ses talons
Sans créer sans talent
Sans même être de bonne composition
Sauf du bout de ta queue
Par le truchement de ta sonnette
Tel le serpent que tu es au fond


Quand je t'aurai coupé les jambes
Quand les bras t'en seront tombés
Je m'attaquerai à tes reins
Tu ramperas sur le ventre
Et une fois à terre
Tes crochets venimeux mordront au cœur des pierres
Elles à qui cela ne fait rien


Car tu auras beau parleur agiter ton grelot
Sous ma baguette tu te tortilleras furieusement en vain
Chacun verra ainsi le mal que tu m'as fait
Chacune aussi saura que tu n'as pas bon fond
Chacune comprendra que tu lui fais avaler des couleuvres
Je mettrai une hostilité entre la femme et toi


Je te mettrai à nu lui montrerai que tu la trompes
Que ton sang est froid
Que ta langue fourchue prie faussement
Que l'éclat fourbe de tes petits yeux est fait de glace
Que tu ne laisses rien transpirer à dessein
Couronné des sueurs des autres sous tes écailles mates
Que tu mens comme on siffle
Et que tu dis des sornettes


Alors, pauvre pomme
Au lieu de te nourrir sur elle de ton empire
Aux baisers reçus de leur péché commis
Tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie


haG
emprunté à Aurélie Séguib

jeudi 24 janvier 2019

lune cachée derrière...
















lune cachée derrière
le rouge du rideau
qui descend sur les tombeaux

jette ta lumière
sur les chairs gisantes
grises et terrifiantes

pénètre leurs corps
de ton rayon suave
balayant sa bave

tout au long du charnier
amoncelé de cadavres
étendus sur le marbre

lune étend ton arme
sur l’absurde illusion
de ce monde sans ambition


poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

dimanche 25 novembre 2018

tige herbe folle...











tige herbe folle
recouvre la terre
rejoue le b-moll
surgit de la mer

mère indécente
qui pond à merveille
recouvre de cendres
l’objet de ton sommeil

étend ton corps de chair
sur le bûcher de ton maître
sachant que tu auras fort à faire
pour terrasser le traitre

pense ta pensée
oublie de t’agiter
c’est le lien qui est création
fondateur de ton imagination


poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG

mardi 20 novembre 2018

herbes folles...
























herbes folles
doigts courants
sur le noir et blanc
des bécarres et bémols

pliez sous le vent
qui chante les mélodies
surgies des mélancolies
des troubles naissants

j’ai vu ses doigts courir
des toniques aux sensibles
dévoilant l’impossible
jouissance du pire

j’ai entendu le big-bang
de la volupté des sens
réveiller mon impuissance
devant le génie de Wang



poèmes improvisés en vers ou parfois en prose
haG