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mardi 23 juin 2020

non-existence • déchéance…




La déchéance de notre monde est la sur-information désinformante sous laquelle il croule et suffoque. J’affirme et je désaffirme que ceci est puisque ceci n’est pas même si ce qui n’est pas est ce qui guide le monde donc mes pas qui ne sont pas de ce monde qui n’est pas. Où en suis-je donc moi qui ne suis pas alors que je pense que ce n’est que vous l’invention de mes fantasmes qui sont mes réalités permanentes ? Tout le monde affirme et tout le monde à faux parce que la pensée est unique et incompatible avec celle des autres. Seuls les poètes traduisent les réalités du monde, les vrais poètes, ceux qui sont nés et ont vécu dans la fange des basses fosses seules vérités face à l’indigence et l’extrême fragilité d’une colonne vertébrale qui a renoncé à redresser l’avachissement chronique de l’homme. Non-existence…  

dimanche 21 juin 2020

non- existence • le chèvre de monsieur seguin




Dans notre tête se déroule un film sans début ni fin, qui passe du noir et blanc à la couleur et le plus souvent du blanc au noir, un film qui propulse des images sans lien que les exigences de notre non-société veulent à tous prix relier par le non-lien qui impose la non-relation qui régente nos vies tragiques parce que non-existantes puisque inventées - il semblerait - par l’excitation de notre pensée-électricité. Seule notre pensée semble exister et nous montrer le chemin dévolu à ses idées ce qui ne peut prouver que le chemin est le bon, nous qui sommes attachés au pilier semblable à celui auquel était attachée la chèvre de monsieur Seguin. C’est notre affiliation, c’est notre génitrice, c’est notre époque, c’est notre situation géographique, c’est notre milieu social, c’est le savoir de notre pondeuse et de son aide de camp, c’est notre position et notre confort dans la sphère molle comme un ballon dégonflé, ventre de la femme, centre de formation, lieu de définition, qui fait de nous, dès notre éjection brutale, ce que nous ne sommes pas. Nous avons été fabriqués. Et vivre c’est uniquement et impérativement se dé-fabriquer pour se préparer à la mort. Ce court passage ne sera qu’une non-vie si personne ne nous confie que notre chemin doit passer par Freud et non pas par les Dieux imaginaires où les idées des philosophes ou les injonctions des politiques. L’analyse de notre pensée  - et de ses conséquences - est essentielle pour comprendre, essentielle pour se dé-construire pour se construire, essentielle pour se lier avec l’autre qui n’est qu’une partie de nous-même, la partie essentielle le plus souvent, la partie cachée qui garde les secrets que le monde imaginaire qui nous entoure ne pourrait supporter.

Si vous avez chez vous un miroir, n’hésitez pas à le consulter et à lui poser chaque jour la question fatidique : « Miroir, ô mon miroir, suis-je ? Suis-je ton reflet ou le mien que tu provoques ? Et si je suis, pourquoi suis-je là et ici. Moi, est-ce être lui et moi ? Moi, suis-je deux comme tout ce qui se meut dans Twin Peaks, ce code psychanalytique ? Miroir parle-moi… où parle à lui ! » C’est ce long silence qui va permettre, après un temps si long qu’il semblera ne pas venir, la révélation. La révélation du je suis. La révélation de la pensée unique qui se multipliera et embrassera le monde comme tout être à la possibilité de la faire.

Notre non-vie dans ce non-monde, cache à tout jamais la réalité des vraies valeurs, la réalité du vrai bonheur. Nous ne sommes pas prêts parce que nous ignorons l’utile et vénérons l’inutile.   

jeudi 18 juin 2020

non-existence • dans le rêve…




« Nous sommes comme le rêveur, qui rêve et se retrouve ensuite à vivre à l’intérieur du rêve ». Ce qui soulève la question : « Mais qui est le rêveur ? » Et c’est à force de bien y réfléchir qu’on est en droit de se demander si, devant ce monde d’une totale absurdité, nous ne sommes pas que des rêveurs qui se sont réfugiés au centre de leur rêve et qui poursuivent leur vie de rêveur sans jamais se réveiller. La phrase citée est le pilier de « Twin Peaks » de David Lynch, œuvre unique ou le monde est plongé dans l’inconscient de l’être et n’avance qu’en posant une pierre l’une après l’autre, semblable en tous points à la thérapie psychanalytique freudienne qui est le seul moyen pour tenter de sortir de notre enferment dans cet inconscient contraire à la vie. La non-existence est notre condition première. Tant que nous n’en aurons pas conscience nous poursuivrons notre chemin dans la mort, dans le noir des destins inaboutis, dans l’ignorance du monde-support qui devrait nous montrer le chemin qui mène vers la lumière blanche, celle qui magnifie les vies et les apaisements doux et chatoyants pour boucler la boucle dans le calme et la sérénité. Mais voilà ! Nous restons par non-imagination, par non-désir et par non-élan dans cette non-existence qui efface toutes traces du mouvement perpétuel de la destinée humaine.

non-existence • introduction…



Avant l’instant même - il n’y a pas d’instant : il y a le moment d’avant l’instant et le moment d’après l’instant, l’instant étant après l’avant ou avant l’après et donc sans existence réelle puisqu’uniquement inscrit dans la mémoire qui n’est qu’une salle d’enregistrement de faits non avérés et non prouvés - il y eu le passé. Après l’instant, il y aura le futur. Le présent sera toujours absent parce qu’inexistant. Ce ne sont que ma mémoire et des feuilles de papier officielles qui tendent à dire que j’ai eu un passé et que je suis censé l’observer et le connaître pour faite le lien entre les différentes étapes de ma vie. Elles disent - ce n’est qu’un exemple - que j’ai été fabriqué par une femme qui ne s’est pas souciée de mon avis et qui a donc commis le crime de me donner une vie à vivre contre mon gré, ce qu’elle devrait payer si elle n’avait pas perdu la vie il y a des siècles, ce dont j’ai peine à croire car son souvenir n’est qu’inscrit dans mes rêves et si mes rêves sont le moyen de me dévoiler, de me découvrir, de me connaître, de me comprendre, ils ne peuvent en aucun cas attester de quoi que ce soit. Ai-je eu une mère traitresse, sourde et aveugle ? Les feuilles de papier officielles voudraient me faire croire que, dans le passé, j’ai fait l’énorme et indiscutable erreur de me marier et, bien pire, de faire en sorte - et pourtant toujours sans mon avis - que la femme épousée ponde de la marmaille. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un mauvais - affreusement mauvais - souvenir qui s’estompe de jour en jour et qui va très bientôt se dissoudre et disparaître dans le fond du puits. Ai-je été marié ? Ai-je eu une responsabilité dans la marmaille qui a été pondu par cette femme que j’ai eu la faiblesse de ne pas faire disparaître de ma vue/vie avant de l’avoir rencontrée ? J’ai des difficultés à croire une pareille idée saugrenue qui va contre toutes les formes d’humanité. Non-existence ! Oui, non-existence ! Il y a une sacrée différence entre ce qui paraît exister et ce qui paraît ne pas exister. Et l’autre question, la seule, la vraie l’unique, est : puisque vous n’êtes pas - vous n’êtes que le fruit de ma pensée -, suis-je ?