Comment et quand fera-t-on taire cette foule de médecins qui affirme
tout et son contraire en envahissant les radios et les écrans télé avec la
complicité perverse et sournoise des journalistes et des animateurs ? La
spécialisation en la matière ne donne aucun droit supplémentaire et attise l’incompréhension
et la confusion. Lui sait. L’autre pas, même si lui ne sait pas plus que l’autre
et même si lui est l’autre et l’autre, lui. Puisque personne ne sait, on change
de sujet. C’est comme si on donnait le moindre crédit au critique musical. Si
on écoutait leurs avis, la musique en serait restée au stade de bien avant
Monteverdi. Les révolutionnaires - Bach, Mozart, Schubert, Debussy, Wagner,
Boulez - seraient toujours dans le placard à sorcières. Les critiques ont fait/font
un mal considérable à la musique qui avance, innove et tente d’être témoin de
notre temps. Voyez l’ignoble forumopéra.com où sévit Sylvain Fort, le complice
du Roi de France et Bachelot, la plus grosse dinde de la basse-cour où picorent
les rédacteurs et leurs lecteurs complètement idiots. Dans leur délire insensé,
ils se persuadent qu’ils les seuls à détenir la vérité. Moi, je la détiens. Wagner
est le seul compositeur ; Wang est la seule pianiste. Oui, c’est bien ma
vérité et il ne peut y en avoir aucune autre puisque l’autre n’existe pas. Il n’est
que le fruit de ma pensée trop active. C’est pourquoi il est indigne d’affirmer
tout comme il est indigne de ne pas le faire. Ce qui me rassure dans cet
imbroglio de pensées absentes de pensées, c’est que l’homme n’est rien. Il n’est
qu’un tas de chair à saucisses soumis au pouvoir des exécrables pervers
politiciens, des Dieux manipulateurs et d’un Virus malin qui s’est fait si
petit qu’il en est invisible et qui peut ainsi manœuvrer les corps et les
esprits selon son humeur et selon la jouissance qu’il prend à décimer les
crapauds baveux qui habitent cette terre plate comme une crêpe déchiquetée.
Jean-Louis Comolli,
Jean-Louis Ginibre, rédacteurs en chef
LES AFFINITES SELECTIVES
LA COLLECTIONNEUSE, film d’Eric Rhomer
Rome Paris Films, 1966
Avec Haydée Politoff, Patrick Bauchau, Daniel
Pommereulle, Seymour Hertzberg, Mijanou Bardot…
Critique de Claude-Jean Philippe
Le hasard des lectures et des
visions fait bien les choses. Peu après avoir vu « La
Collectionneuse » cette phrase m’est tombée sous les yeux. Je cite – qu’on
ne m’en veuille pas – sachant bien que ce genre de correspondance présente de
fortuit, et par là, sans doute de précieux : « J’espère que
l’homme saura adopter à l’égard de la nature une attitude moins hagarde que
celle qui consiste à passer de l’adoration à l’horreur. Que, tourné avec une
curiosité d’autant plus grande vers elle, il parviendra à penser ce que pensait
d’un de ses contemporains Goethe lorsqu’il disait : « Ai-je pour
Wieland de l’amour ou de la haine ? Je ne sais. Au fond je prends part à
lui. »
Est-ce du Rhomer ? Il
n’y manquerait même pas la référence à Goethe. Non, c’est du Breton, celui de
« L’Amour fou ». Etrange rencontre. Car enfin, le sujet de « La
Collectionneuse » est là tout entier.
Haydée s’identifie à la nature. Son nom est écrit en vert au générique. Alors
que Daniel est en jaune (« un certain jaune ») et Adrien en bleu. Dès
lors, le premier prologue revêt un sens primordial, Haydée longeant la mer,
déliant les apparences de sa démarche égale qui révèle en unifiant. Le front de
mer se découvre semblable, inscrit sur la page d’aube, bleue et grise, le front
de la jeune fille enferme je ne sais quel secret.
Tout est neuf en ces images limitées
de l’antique. Nul sentiment d’adoration ni d’horreur. C’est-à-dire absence d’un
érotisme, au moins immédiat. C’est le ton de l’éloge, mais qui n’exulte pas. Le
découpage ne vise qu’à préciser le sentiment d’admiration : nœuds des
genoux, saillie des omoplates, finesse, grain de la peau. Beauté du tout comme
de la partie précieusement cernée. A première vue, c’est l’enfance de l’art,
l’enfance du regard. Mais c’est une enfance retrouvée au bout du raffinement et
de l’épure.
Donc, Rhomer nous donne
d’emblée le regard juste. Dès les premières images, l’œuvre est dénouée,
c’est-à-dire heureuse. Il lui reste à se nourrir d’inquiétudes, mais sans se
départir de cette première et souveraine vision. « L’homme de la rue
et le philistin, écrit Rohmer, vouent à la beauté un culte dont l’on a tort de mésestimer
la ferveur. C’est avec la culture, souvent, que débute l’indifférence ».
Daniel et Adrien, produits ultimes de notre civilisation et de notre culture,
entrent en scène. Rhomer leur propose Haydée comme objet de connaissance. Mais
il se propose, les ayant précédés, de poursuivre également sa recherche. Ayant
connu, il s’agit de reconnaître.
Mais alors, en pleine
lucidité, chaque instant entraîne désormais sa nuance et son risque. C’est
l’admirable de ce film, la fluidité de ces relations mi-inventées, mi-vécues,
dont Rhomer se plait à nouer et dénouer les fils. Faut-il voir de la perversité
dans ce plaisir ? Non, mais un souci de supérieure franchise. Il y a un
charme du jeu auquel nous sommes tous sensibles. Le jeu fausse les relations.
Il les dénature mais en même temps il les enrichit et les révèle. L’important
n’est pas le jeu mais le joueur et le niveau auquel il situe son risque. On ne
peut que louer Rhomer d’avoir choisi Adrien, Daniel, Haydée, tous trois d’aussi
belle venue et de leur avoir laissé toutes leurs chances. La part qu’il prend à
leurs jeux, n’est pas de complaisance ni même de complicité, elle est de pur et
simple intérêt.
Intérêt, attention, qui font
défaut précisément à Daniel et Adrien. Esprits de haute volée, réellement
intelligents et réfléchis, ils n’échappent pas au mal contemporain, cette
dilatation de la conscience et cette incapacité où elle se trouve de sortir
d’elle-même. L’accès à la réalité lui semble refusé. Je ne m’explique pas
autrement cette soif pathétique, chez les intellectuels ; de s’abîmer dans
le réel par le truchement de la politique (Sartre) ou de l’érotique
(Klossowski). Adrien et Daniel sont fascinés par le vide, le rien, la
participation totale. Mais ils n’y parviennent guère. Voilà pourquoi
essentiellement. Ils ne peuvent connaître Haydée. Daniel, le barbare, tente de
forcer l’accès. Il couche avec elle. Adrien le dandy, nourrit ses incertitudes
sans se résoudre à franchir le seuil. Mais, l’agressivité du premier et le jeu
du second restent sans effet. Haydée demeure insaisissable. Leur définition même est le jugement qu’elle
entraîne : « C’est une collectionneuse… L’idée de collection est
contre l’idée de pureté » ne lui conviennent pas exactement. Haydée n’est
ni collectionneuse, ni objet de collection. Catégories connues et finalement
tranquillisantes. Ce qu’elle cherche, à l’en croire, est très simple et très
difficile : « Avoir des rapports possibles et normaux avec les
gens ». Ce que Daniel et Adrien, naturellement, ne veulent ni entendre, ni
comprendre. Leur regard est faussé. Il appuie trop. Il se refuse à l’évidence.
Haydée offre une surface trop lisse, opaque et transparente, offerte et refusée.
Si bien que le dénouement ardemment recherché par les deux garçons, sous les
apparences de la désinvolture, se change en crispation fébrile. (« Que
font les personnages ? Ils se grattent », m’a dit Rhomer.) Observez
leurs tremblements, le doigt d’Adrien glissant sur la jambe d’Haydée, Daniel
frappant le sol spasmodiquement. Rage de ne point sentir, de ne point voir,
alors qu’il suffirait… il suffirait au fond de consentir. Admettre que le
sourire d’Haydée ne signifie rien d’autre que son éclat. Refuser d’interpréter,
c’est-à-dire de mimer intérieurement la conduite de l’autre. Consentir à l’étrangeté.
De satisfaire de l’immédiat, du présent. C’est-à-dire, au fond, devenir cinéaste.
Car, avec « La Collectionneuse », continue par d’autres voies la
réflexion du « Celluloïd et du marbre ». Le cinéaste possède sur les
autres artistes l’inappréciable privilège de ne pouvoir douter de la réalité.
Eric Rhomer s’énorgueuillit de ce privilège. Il accepte de tendre au monde et
aux êtres le « pur miroir » de l’objectif. Pureté esthétique autant
que morale. Il y a dans « La Collectionneuse » une volonté d’ascèse
qui apparaît plus nette encore à chaque vision. Une volonté de vérifier au plus
près la chose même en la cernant sans aucun biais possible dans l’équilibre d’un
cadre fait pour la contenir, elle est rien d’autre. Volonté austère, presque
janséniste, dans ce film dédié par ailleurs aux jeux de la lumière sur la libre
splendeur des corps. Mouvement de retrait, mouvement d’adhésion nullement contradictoires.
« Les arts, dit Goethe, sont le plus sûr moyen de se dérober au monde ;
les arts sont le plus sûr moyen de s’unir avec lui.
Sous la direction de Mikko Franck, l'Orchestre philharmonique de
Radio France joue la suite d'orchestre de Pelléas et Mélisande de Fauré.
Concert enregistré en direct le 5 octobre 2018 à la Grande salle Pierre Boulez
de la Philharmonie de Paris.
Gabriel
Fauré, Requiem for soprano and baritone, mixed chorus, organ
L’école devrait être exclusivement l’apprentissage de l’analyse,
de la contestation/contradiction et du choix qui en résulte. Et en annexe, évidemment,
l’art et ses expressions sensorielles, la lecture, l’écriture et le calcul. L’histoire
éventuellement si elle est incluse dans une matière définie comme « politiques
et sociétés ». Où l’on voit donc que l’on est complètement à côté. Et voilà
pourquoi la question n’a jamais été aussi cruciale : quel sens donné à
cette décision du Roi de France de rouvrir les écoles pour les jeunes enfants
qui ne seront même pas libres de leurs mouvements dans un lieu qui devrait être
par excellence un lieu de liberté ? Un enfant privé de ses mouvements et
contraint à une discipline incompréhensible et totalement illogique n’est plus
un enfant. Il n’est plus qu’une marionnette manœuvrée et violentée par des
adultes pas encore sortis du ventre maternel. Voyez-vous le film du petit
garçon ou de la petite fille qui devra aller faire pipi accompagné par le concierge
ou l’homme à TOUT faire ? Si personne n’y voit le danger, l’homme taré
naturellement est vraiment devenu une bête dans son image la plus monstrueuse. Si l’école publique est excellente quant à sa
définition première, son contenu et sa manière de l’ébranler sont devenus un
étrange fantasme anesthésiant qui propulse le monde dans ses derniers
retranchements et sa fin annoncée.
La loi dictatoriale - dictatoriale comme toutes les lois - sur l’état
d’urgence sanitaire n’a pas été promulguée par le Conseil constitutionnel.
Donc, en attendant, nous sommes libres, libres comme le renard de la Fontaine
et profitons en avant de se retrouver poules dans le poulailler. Si-beth fume à
tout va et en direct à la télé. Cela affine heureusement sa belle image de
bécasse niaise. Pour la 3496e fois, une voix sur France Inter m’a
dit de filer à la salle de bains pour me laver les mains pendant 3 minutes et
50 secondes et de recommencer cette délicate opération 78 fois par jour. Me prendrait-on
pour un débile taré vivotant dans un ventre femelle ? Stop aux conseils en
tous genres avant que je ne pique ma crise de nerfs !
Il y a toujours un avant et un après, jamais un instant présent.
Nous sommes dans le passé ou dans le futur - comment le savoir ? - jamais
dans le présent ou dans l’instant. Aujourd’hui serait - selon la loi stupide
inscrite dans la stupidité des lois - le dernier jour. Le dernier jour de quoi ?
Nous étions en prison. Allons-nous en sortir ? Sommes-nous si bête et si
naïf pour croire une telle bêtise, une telle naïveté une telle stupidité ?
Nous entrons dans l’ère future des dictatures dures après avoir connu dans le
passé les dictatures déguisées. Notre vigilance ne doit pas être envers Corne à
Virus qui n’aura été qu’un simple divertissement avec beaucoup de morts. ce qui
n’est qu’une habitude si nous tournons nos regards vers les démunis qui vivent sous
des toits en papier quand ils en ont, et si nous osons jeter un œil vers l’Afrique,
vers tous ces pays soumis à des religions et à des dictateurs copains-copains
avec le Roi de France, cet enfant immature qui a usurpé le trône par les effets
magiques de sa perversité, ce qui est entièrement de la faute de la France puisqu’elle
ne cesse de se courber devant des Rois, étant dans l’incapacité de s’assumer.
Demain, personne ne sait ce qu’il sera. Alors cessez vos voyances stupides et
indécentes, cessez de voir ce que vous regardez, cessez de croire les beaux
parleurs qui, à part leur langue, ont rien dans le cerveau et rien non plus
ailleurs.