On
aura tout vu ! Est-il possible d’improviser des lois, les rédiger et les
faire voter par deux assemblées en à peine quarante-huit heures ? Les plus
aguerris à la fonction vous diront que non, parce que, une loi, ce n’est pas
rien. C’est d’abord une interdiction, une privation de liberté et pour éviter
la révolution, il faut mieux la relire deux fois. C’est pourtant le tour
d’illusionniste qu’a réussi notre Roi, l’enfant immature, arrogant et peu
sympathique qui vit avec sa maman et qui occupe provisoirement le trône de
France. Et puis, et c’est encore plus impressionnant, alors que les pauvres
sont de plus en plus pauvres et que les riches sont de plus en plus riches, il
a baissé – le Roi, l’enfant – son froc devant la police qui a, en à peine
quarante-huit heures – là aussi –, obtenu ses augmentations de salaires et le
paiement de ses milliards d’heures supplémentaires, que l’administration royale
avait fait semblant d’oublier. Les
conseillers de l’enfant ont dû sentir le vent tourner. Et si après la police il
y avait eu l’armée ? Je vous laisse deviner… Pas de pot pour mes collègues
et moi-même. Nous ne sommes que des retraités dont la plupart sont invalides.
Aussi, je ne vois pas comment nous pourrions marcher sur l’Elysée, brûler et
massacrer sur notre passage les vitrines des riches, franchir les grilles du
Château, atteindre la salle du Trône, capturer le Roi et lui faire payer sa
couardise. Beaucoup se réjouissent de la capitulation du petit dictateur. Pas
moi. Le garnement a plus d’un tour dans son sac. J’attends. Et c’est seulement
lorsqu’il aura été destitué, seulement lorsque la loi interdira l’élection d’un
Roi, seulement lorsque les bonnes volontés se mettront au travail pour inventer
la Démocratie, que je serais rassuré et que je pourrai me réjouir. Hélas, le
temps aura passé et tellement passé qu’il y aura bien longtemps que les cendres
de mon corps se seront dissipées, dispersées et disparues dans le noir obscur et sans fin de
ce monde ridicule d’illusions qui n’aura servi à rien.
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