vendredi 14 décembre 2018

le puits au fond du jardin • l’orchestre national de lyon a sublimé mahler…




Comme je l’ai indiqué dans mon tube de ce matin, hier soir, j’étais au concert donné par l’Orchestre national de Lyon, à l’auditorium anciennement « Maurice Ravel » rebaptisé « Orchestre national de Lyon » -, auditorium particulièrement dangereux pour les personnes âgées puisque que pour accéder aux places, on entre dans la salle par le haut et les marches pour descendre sont hautes et resserrées, sans rampe, ce qui revient à descendre les parois du Pic du Midi, à pic et sans cordes ni piolets. Il n’y a pas encore eu de morts et c’est pourquoi l’on attend pour remédier à cet inconvénient, c’est à dire casser l’auditorium et construire une véritable salle de concert, ce qui manque cruellement à la ville de Lyon. Si l’intérêt du programme était la 5e Symphonie de Gustav Mahler, la direction a cru bon d’imposer, en première partie, une création française, « Le Tombeau de Napoléon » pour trombone et orchestre de Richard Dubugnon. Je ne connaissais pas ce monsieur, qui était dans la salle et qui est venu saluer, et je ne le regrette pas. Tout d’abord, comment peut-on écrire une œuvre en l’honneur de Napoléon quand on sait que ce dictateur a des millions de morts sur les bras ? Ensuite, en 2018, comment peut-on avoir si peu d’imagination et écrire de la musique en copiant sur les brouillons des grands romantiques et en rabaissant la musique à un tambour militaire ? Mahler, qui suivait, est paru comme un révolutionnaire plus audacieux que Ligeti, Berg ou Boulez. L’œuvre de ce monsieur était totalement nulle. Dommage, parce que le trombone solo de l’orchestre, Charlie Maussion, devenu soliste à part entière, a été superbe en tout point. Enfin vint Maher et je dois dire que, sous la direction du jeune Joshua Weilerstein, chef dont je n’avais jamais entendu parler, l’orchestre a repris ses magnifiques couleurs qu’il avait perdu avec le vieux Slatkin qui, fort heureusement, est parti sous d’autres cieux. Cette 5e fut un feu d’artifice de sonorités, de nuances, de phrasés, de liés, de détachés, de musicalités, d’intelligence et de magnificence.  Le chef, investi à fond, a transmis sa passion à chacun des musiciens dont je me dois de citer l’incroyable performance de la trompette, du cor et du hautbois soli, qui m’ont laissé stupéfait. J’ai entendu pour la première fois – je crois – le fameux « adagietto » sans m’ennuyer une seule seconde. Weilerstein a su éviter les écueils larmoyants et en a donné une version alerte, précise et toute en nuances, d’un ravissement étonnant. Même si cette symphonie n’est pas la plus intéressante du compositeur, elle marque tout de même son génie. Je suis heureux d’avoir retrouvé « mon » orchestre, né de l’orchestre de l’opéra où j’ai fait mes premières armes, dans une forme éblouissante et totalement au service de la musique que j’aime, celle qui est entrain de disparaître pour laisser place à la nullité des chanteurs compositeurs et autres merdes qui ne connaissent pas une note de musique.

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