Comme je l’ai indiqué dans
mon tube de ce matin, hier soir, j’étais au concert donné par l’Orchestre
national de Lyon, à l’auditorium anciennement « Maurice Ravel »
rebaptisé « Orchestre national de Lyon » -, auditorium
particulièrement dangereux pour les personnes âgées puisque que pour accéder
aux places, on entre dans la salle par le haut et les marches pour descendre sont
hautes et resserrées, sans rampe, ce qui revient à descendre les parois du Pic
du Midi, à pic et sans cordes ni piolets. Il n’y a pas encore eu de morts et
c’est pourquoi l’on attend pour remédier à cet inconvénient, c’est à dire
casser l’auditorium et construire une véritable salle de concert, ce qui manque
cruellement à la ville de Lyon. Si l’intérêt du programme était la 5e
Symphonie de Gustav Mahler, la direction a cru bon d’imposer, en première
partie, une création française, « Le
Tombeau de Napoléon » pour trombone et orchestre de Richard
Dubugnon. Je ne connaissais pas ce monsieur, qui était dans la salle et qui est
venu saluer, et je ne le regrette pas. Tout d’abord, comment peut-on écrire une
œuvre en l’honneur de Napoléon quand on sait que ce dictateur a des millions de
morts sur les bras ? Ensuite, en 2018, comment peut-on avoir si peu
d’imagination et écrire de la musique en copiant sur les brouillons des grands
romantiques et en rabaissant la musique à un tambour militaire ? Mahler,
qui suivait, est paru comme un révolutionnaire plus audacieux que Ligeti, Berg ou
Boulez. L’œuvre de ce monsieur était totalement nulle. Dommage, parce que le
trombone solo de l’orchestre, Charlie Maussion, devenu soliste à part entière,
a été superbe en tout point. Enfin vint Maher et je dois dire que, sous la
direction du jeune Joshua Weilerstein, chef dont je n’avais jamais
entendu parler, l’orchestre a repris ses magnifiques couleurs qu’il avait perdu
avec le vieux Slatkin qui, fort heureusement, est parti sous d’autres cieux.
Cette 5e fut un feu d’artifice de sonorités, de nuances, de phrasés,
de liés, de détachés, de musicalités, d’intelligence et de magnificence. Le chef, investi à fond, a transmis sa
passion à chacun des musiciens dont je me dois de citer l’incroyable
performance de la trompette, du cor et du hautbois soli, qui m’ont laissé
stupéfait. J’ai entendu pour la première fois – je crois – le fameux
« adagietto » sans m’ennuyer une seule seconde. Weilerstein a su
éviter les écueils larmoyants et en a donné une version alerte, précise et
toute en nuances, d’un ravissement étonnant. Même si cette symphonie n’est pas
la plus intéressante du compositeur, elle marque tout de même son génie. Je
suis heureux d’avoir retrouvé « mon » orchestre, né de l’orchestre de
l’opéra où j’ai fait mes premières armes, dans une forme éblouissante et
totalement au service de la musique que j’aime, celle qui est entrain de
disparaître pour laisser place à la nullité des chanteurs compositeurs et
autres merdes qui ne connaissent pas une note de musique.

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